Ma foi,j'étais jeune et je ne savais rien en dehors des dix millions de livres que j'avais dévorés,et je me sentais coupable de mes envolées imaginaires loin du réalisme de mon père,sans compter, bien sûr,que j'étais completement défoncé ;mais je finis par comprendre pourquoi il me regardait ainsi : c'était (cette partie tout au moins) du zen à l'état brut,rien de ce que j'aurais pu faire consciemment ou volontairement ne l'aurait satisfait,et il fallait que je fasse exactement ce que je ne pouvais pas ne pas faire ,à savoir ,être moi-meme.Ce qui revenait à définir ici et maintenant ,sans prendre le temps de réflechir ou de raisonner,en quoi pouvait bien consister le fait d'être moi-meme,ou plus précisément d'agir en tant que moi-meme.J'avais le sentiment d'errer de pièce en pièce dans mon cerveau,à la recherche d'un propriétaire que je ne trouvais nulle part ;de la sueur perlait sur mon front ,et la situation devenait critique car j'arrivais dans les dernières pièces,et le padre me devisageai toujours.
_Il n'y a personne à la maison ,fis-je finalement,certains que la réponse n'était pas assez bonne.
_Curieux ,fit-il,qui a conduit les recherches ?