Informations
Les Phalaris dont les espèces étudiées ici sont les Phalaris arundinacea que l'on connait mieux sous le nom d'Alpiste Roseau et Phalaris tuberosa (=Phalaris aquatica) que l'on connait mieux sous le nom d'Alpiste aquatique, Alpiste bulbeux, Alpiste noueux ou Herbe de Harding, fait partie de la famille des Graminées et il est assez cosmopolite. Présent dans le Sud de la France.Description
Cette graminée vivace développe des tiges gris-vert de 2m de haut qui peuvent se ramifier. Les longues et larges feuilles, rudes au bord, gainent la tige. La panicule peut être vert pâle ou rouge violacé avec des épillets uniflores. L'alpiste roseau était déjà connu dans l'antiquité, mais on ne sait rien d'un usage traditionnel comme psychotrope. C'est l'analyse phytochimique à l'usage de l'agriculture qui a révélé le caractère psychotrope de Phalaris. Depuis quelques années, les 'chamans des caves' essaient de concocter des analogues de l'ayahuasca et des extraits de DMT à partir de ses principes actifs psychotropes.Toute la plante contient des alcaloïdes indoliques, très variables selon la race, le taxon, le lieu et le moment de la récolte. Il s'agit le plus souvent de DMT, MMT et MeO-5 DMT. On trouve parfois un taux élevé de gramine, un alcaloïde très toxique.
Photos de la plante
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Signification culturelle
C'est en étudiant les analogues de l'ayahuasca qu'on a découvert un taxon riche en DMT. Il peut être utilisé pour ses effets psychotropes. Cette plante a été cultivée pour faire du fourrage, parfois avec succès, d'où la découverte du "syndrome du mouton".Composition chimique
Il contient de nombreux alcaloïdes, des glucosides, une huile essentielle et des diterpènes (léosibiricine, léosibirine, isoléosibirine). Ils sont surement responsables des effets psychotropes. On trouverait seulement 100mg de DMT pour 100g (0.1%) de plante sèche chez P. tuberosa, un peu de 5-MeO-DMT (- de 0.06%) et des traces de bufoténine. Il y aurait 0.06% de DMT chez P. arundinacea. Attention à la présence de gramine toxique. P. aquatica est composé d'environ 80% d'eau tandis que P. arundinacea en contient 65-81%.La concentration d'alcaloïdes est très variable, principalement en fonction des variétés et de la période de l'année. Elle semble être plus élevée en cas de forte activité chlorophyllienne, dans le 1/3 supérieur du plant et les jeunes repousses après avoir coupé. L'apport d'azote dans le sol permet aussi de l'accroitre. La photopériode a peu d'influence sur la production d'alcaloïdes contrairement à l'ombre;P. arundinacea peut contenir jusqu'à 2x son taux normal d'alcaloïdes si il grandit sous 20% de lumière du soleil (ce n'est pas valable pour toutes les variétés et le rendement diminue beaucoup). De même après un stress hydrique, ces plantes peuvent contenir jusqu'à 3x plus d'alcaloïdes. Enfin le taux d'alcaloïdes diminue avec l'âge de la plante, jusqu'à 50% entre la phase végétative et la mort de la plante. Si les feuilles sont séchées ou frigorifiées elles peuvent perdre la moitié de leur contenance en alcaloïdes.
Variétés d'intérêt
La plupart des variétés de Phalaris n'ont aucun intérêt enthéogène, il y a plusieurs raisons à ça:
- Beaucoup de plantes productrices de DMT n'en contiennent qu'en faible proportion. Certaines souches ne produisent d'alcaloïdes que pendant une très courte période.
- D'autres souches produisent de la gramine; souvent seulement de la gramine et parfois des dérivés.
- Beaucoup de souches de P. arundinacea produisent de la 5-MeO-MMT comme alcaloïde principal.
- Beaucoup de souches produisent principalement de l'hordénine et/ou des beta-carbolines.
Phalaris aquatica var. AQ-1: Variété sauvage poussant près de Bologne (Italie) observée par Giorgio Samorini. On estime qu'elle possède le taux d'alcaloïdes le plus élevé (1%) de toutes les variétés connues. Quelques bioessais semblent confirmer son potentiel.
Phalaris aquatica cv. Australian (ou Phalaris aquatica cv. Australian Commercial and "Toowoomba Canary Grass"): Cultivé depuis 1884 en Australie, on pense qu'à l'origine il aurait été prélevé en Italie. Cultivar vigoureux et tolérant aux écarts d'humidité une fois établi. En été il est généralement en dormance et c'est au printemps/automne qu'il grandit le mieux.La pousse peut continuer l'hiver s'il fait doux. Il réagit bien à la fertilisation. L'alcaloïde dominant est la DMT. On en trouve 0,1% dans les feuilles, avec 0,05% de 5-MeO-DMT et de la gramine (Baxter & Slaytor 1972).
Phalaris aquatica cv. Sirocco: Cette variété issue de plantes marocaines, produit plus de feuillage, et plus vite, que le cv. Australian. Elle résiste mieux à la sécheresse. Au printemps et en hiver, les taux d'alcaloïdes sont comparables au cv. Australian mais peuvent être beaucoup plus élevés en été bien que la plante ne produise pas de feuillage si il ne pleut pas. L'alcaloïde dominant est la 5-MeO-DMT, mais la gramine est présente, des traces de bufoténine et encore moins de beta-carbolines. Il y aurait 5x plus d'alcaloïdes à l'automne qu'en hiver. On a trouvé jusqu'à 0.3% d'alcaloïdes.
Phalaris aquatica cv. Uneta(=Unita): Ce cultivar dérive du cv. Australian, lui ressemble en terme de croissance et de vigueur. Le rendement en matière sèche est variable mais meilleur que son parent. D'après les CCM et les bioessais d'Appleseed la DMT est l'alcaloïde majoritaire suivi de la 5-MeO-DMT. Au moins une CCM montre de fortes concentrations au printemps. Cette souche sélectionnée pour sa constance et sa puissance a été vendue sous le nom "Killer Phalaris" à cause du "syndrome du mouton" provoqué par ses parents.
Phalaris aquatica cv "High alkaloid": La DMT est la tryptamine majoritaire mais les niveaux d'alcaloïdes sont bien plus faibles que chez les autres variétés.
Phalaris brachystachys: Variété native du Portugal. On a découvert une forte présence de DMT par HPLC sur des plants du Portugal. La DMT était la seule tryptamine (Festi & Samorini 1994). Toutefois Appleseed détecta de la 5-MeO-DMT chez plusieurs souches venant de Grèce. Selon DeKorne la plante produirait de forts effets d'après divers bioessais avec des souches d'Algérie et de Grèce. Dans The Entheogen Review 1997 p.15, on précise que 30gr de feuilles fraîches est déjà une dose trop élevée.
Phalaris aquatica var. stenoptera : Cultivar introduit d'Australie et naturalisé sur la côte ouest des états-unis. La 5-MeO-DMT est l'alcaloïde principal, 0.236% du poids sec dans des feuilles de 7j, 0.105% dans des feuilles de 9j et 0.077% dans des feuilles de 21j. Gramine et hordénine seraient absentes (McComb et al). 1969. D'autres analyses faites sur plusieurs mois montrent un pic en Septembre (0.14%) et en novembre (0.08%). Les variétés naturalisées en Californie contiendraient moins de5-MeO-DMT dans les feuilles, entre 0.01 et 0.28% (Welch 1971).
Phalaris arundinacea "Turkey Red": Un clone d'une souche de Turquie sélectionné par Appleseed pour sa constance, l'extrait fumé et l'analogue de l'ayahuasca ont été testé avec succès. L'analyse par CCM révèle une concentration d'alcaloïdes de0.025% à 0.045% du poids frais (Johnny Appleseed).
Phalaris arundinacea "Yugoslavian Fresh-Cut": Clone de Yougoslavie sélectionné par Appleseed dont l'extrait peut être fumé.
Phalaris cv. Big Medicine: Un hybride sauvage, résistant et de parenté indéterminée. On rapporte que c'est un bon producteur de DMT.
Préparation des phalaris
A moins de posséder une variété particulièrement puissante, il semble impossible d'obtenir quoi que ce soit sans extraction.Effets / Contre effets
- hallucinations
- intoxication
- analogue ayahuasca
Doses
Aucun seuil n'a vraiment été crée, le dosage de cette plante dépend de la tolérance de l'individu.Menace de la plante et lutte
[1]On trouve le phalaris roseau partout au Canada sous forme de peuplements indigènes et de cultivars importés d'Europe. Les espèces introduites forment de denses colonies pures qui peuvent déloger d'autres plantes indigènes (Apfelbaum et Sams, 1987). À cause de l'étroite ressemblance existant entre les plants indigènes et naturalisés (Dore et McNeill, 1980), on ne connaît pas exactement l'importance de la distribution des cultivars importés. Le phalaris roseau partage souvent les milieux humides avec la salicaire. Comme la présence de cette dernière est beaucoup plus manifeste, il se peut que celle du phalaris roseau passe inaperçue et que l'on ne se rende pas bien compte des effets de cette plante.Aucune mesure de lutte n'a été entreprise au Canada, toutefois, on a appliqué diverses stratégies aux États-Unis afin de tenter d'exterminer la plante (Apfelbaum et Sams, 1987; Gillespie et Murn, 1992; Henderson, 1990). Les moyens de lutte employés comprenaient l'application d'herbicides, le brûlage, le recouvrement de la plante avec des feuilles de plastique ou de papier, le fauchage ou la façon culturale, ou une association de ces deux dernières méthodes.
Parmi les herbicides employés, citons le Glyphosate, l'Amitrole, le Dalapon et le Paraquat, qui ont eu une certaine efficacité (Apfelbaum et Sams, 1987). Le moment de l'application influence la réussite du traitement, certains herbicides donnant de meilleurs résultats quand on les utilise pendant l'hiver, d'autres, quand il sont appliqués pendant la floraison (Apfelbaum et Sams, 1987). Dans le meilleur des cas, les résultats du traitement permettent de faire disparaître le phalaris roseau pendant deux ans au plus, après quoi la plante colonise de nouveau la zone traitée à partir de peuplements voisins ou par germination de graines.
Les moyens de lutte mécanique et physiques mis à l'essai sont, entre autres, le fauchage, le défrichage et le fauchage associé au recouvrement avec des feuilles de plastique noir (Apfelbaum et Sams, 1987; Gillespie et Murn, 1992; Henderson, 1990). Ces méthodes ne donnent que des résultats temporaires (Apfelbaum et Sams, 1987), toutefois Gillespie et Murn (1992) signalent que le fauchage semestriel régulier et opportun d'un site au Wisconsin a donné lieu à la disparition du phalaris roseau et au repeuplement de la région par un certain nombre d'espèces aquatiques indigènes. En Illinois, le brûlage périodique d'une prairie à tous les deux ou trois ans a apparemment permis d'éliminer le phalaris roseau (Apfelbaum et Sams, 1987). Toutefois, Henderson (1990) signale que le brûlage effectué à la fin du printemps, époque considérée la plus propice à l'élimination du phalaris roseau, a nui à beaucoup d'espèces indigènes dans une savane du Wisconsin. Il reste à voir si cette méthode est applicable dans beaucoup d'habitats humides. L'extirpation manuelle peut être très efficace si elle est répétée de deux à trois fois par année pendant cinq ans (Henderson, 1990), mais il se pourrait que seuls les petits sites à haute valeur écologique se prêtent à cette technique.
La recherche de moyens de lutte efficaces contre le phalaris roseau n'est pas encore terminée (Apfelbaum et Sams, 1987).
Culture
Il aime les sols a ph neutre, voir un peu acide, riches en éléments nutritifs, assez humides, voir mouillés.Références
- Service canadien de la faune : http://www.qc.ec.gc.ca/faune/faune/html/contenu.html
- "Ayahuasca-like" effects, obtained with ltalian plants by Francesco Festi & Giorgio Samorini
- Ayahuasca: alkaloids, plants & analogs assembled by Keeper of the Trout


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